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14 janvier 2018 / sebmayoux

La fin d’une aventure, le début d’une nouvelle !

Cela fait un moment que ce blog n’a pas été actualisé. La vie m’a pas mal occupé ces derniers temps, et je n’ai plus le temps d’écrire. Du moins, sur le blog. Je me suis en effet lancé dans d’autres projets, qui me prennent tout mon temps. Le lancement d’un site d’informations parodique notamment, Le Connard Enchaîné, parodiant Le Canard Enchaîné, comme Le Gorafi le fait avec Le Figaro ou Football France avec France Football.

J’y écris des articles sur des informations fausses mais drôles (enfin j’essaie). Par exemple, on peut y apprendre que les Députés ont déposé une proposition de loi pour obliger les savoyards à héberger les citadins bloqués par la neige près de chez eux. Ou encore que Laurent Wauquiez incrimine les migrants dans les fortes chutes de neige qui ont touché récemment les Alpes.

Je vous donne rendez-vous ici, pour lire mes nouveaux articles : Le Connard Enchaîné.

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22 septembre 2011 / sebmayoux

Reflexions diurnes…

C’est fou comme être physiquement inoccupé peut vous permettre de faire le point sur vous-même et ce qui vous entoure.

Il est 22h06, j’ai quitté le repas pour m’isoler dehors. J’ouvre une bière et m’allume une clope. J’entends les collègues qui mangent dans la tente derrière moi. Ils rigolent, ils boivent, etc… Mais moi je n’ai pas le goût de me joindre à eux. Depuis quelques temps, je réfléchis beaucoup. Cela m’a plongé dans une sorte de léthargie mentale pré-depressive: j’ai envie de changer d’air.

Coucher de soleil

Coucher de soleil en Ossétie

Pour penser à autre chose, j’ouvre le New York Times, ramené par l’américain du camp. Il date de 3 mois, avant notre départ pour la Géorgie. Plus vraiment d’intérêts ce journal: les news ne sont plus vraiment fraîches. Mais je le feuillette quand même, cela occupe toujours l’esprit.

Me tenant au courant des dernières news via internet, je vois que rien n’a changé depuis 3 mois. On y retrouve la crise économique et la dette grecque dans les pages économiques, les pirates somaliens et la Palestine dans la rubrique « International »…

Tiens, la Palestine ! Voilà un conflit armé que j’ai toujours connu. Depuis ma venue au monde, je n’ai jamais connu cette partie du globe en paix.

Je m’allume une autre cigarette et, les yeux plongés vers l’horizon, je me mets à penser au conflit Israelo-Palestinien. Demain, Mahmoud Abbas va déposer sa demande d’adhésion à l’ONU en temps que pays. Demande qui a peu de chances d’aboutir, en raison du refus probable des Etats-Unis. Accusé d’avoir pris de la distance avec Israel pendant son mandat, Barack Obama a laissé entendre qu’il ne se prononcerait pas favorablement à la demande d’Abbas (sans doute pour prouver à son électorat qu’il n’abandonne pas totalement Israel).

J’ai vu les murs que l’état hébreux a fait à Gaza, faisant de cette bande de terre une gigantesque prison à ciel ouverte, n’ayant rien à envier aux goulags staliniens.

J’ai vu les massacres de Sabra et Chatila. J’ai vu ces milliers de réfugiés palestiniens , devenu apatrides, fuire au Liban.

J’ai vu ces militaires tirer à balles réelles contre des civils à la frontière Israelo-libanaise.

J’ai vu les chars d’assaut répondre au jet de pierre. Les bomberdements meurtriers répondre à des roquettes artisanales.

J’ai vu ces attentats suicides à Jérusalem, à Tel-aviv ou à Ramallah.

Bref, il faut que cela s’arrête. Ce conflit n’a plus lieu d’être..

Et si j’allais là-bas. Je suis sûr qu’il doit y avoir des missions pour nous. Et au moins s’ennuiera moins qu’ici…

Un de mes collègues me sort de mes pensées. Ils viennent de finir de manger. Il me propose une petite belotte… Pourquoi pas! On ne peut pas dire que j’avais vraiment mieux à faire ce soir….

10 septembre 2011 / sebmayoux

Réveil matinale avec le XV de France

Etant donné que pour le moment, on frise avec l’ennui, je passe pas mal de temps à surfer sur le net. Ca occupe toujours. Puis au moins ca me permet d’alimenter plus régulièrement ce blog.

Ce matin, rongé par l’insomnie, j’étais debout à 7h du matin… Pour un samedi matin, cela fait tôt. Pour pas réveiller tout le bivouac, j’ai préféré m’éloigner et prendre mon petite déjeuner en ville. Après un café et un bout de pain raci (en Ossétie du Sud, la notion de « petit déjeuner » leur est propre), j’ai pris la direction d’un cybercafé (le seul du coin en fait).

Cela tombe bien, cela m’a permis de suivre la victoire de l’équipe de France contre le Japon, pour son entrée dans la Coupe du Monde.

Le XV de France bat le Japon pour son entrée dans la Coupe du Monde

Bonne entrée du XV de France dans la Coupe du Monde : Victoire contre le Japon

Sur l’invitation d’un de mes amis laissé en France, via Facebook, j’ai découvert un site de deals. Pas vraiment intéressé… Pourquoi j’aurais besoin d’une tablette graphique en Ossétie du Sud ?

Mais ce qui a surtout attirer mon attention et susciter mon interet, c’est un quizz sur la Coupe du Monde de Rugby (tiens donc, ce sujet commence à devenir d’actualité sur ce blog). J’ai trouvé cela assez ludique.

J’ai fait: 120 points, soit à peu près 12 bonnes réponses consécutives. Serez-vous capable de me battre ?

Quizz sur la Coupe de Monde de rugby 2011: Viens battre Al Baas

Viens faire mieux qu'Al Baas (120 points) au quizz spécial Coupe du Monde

Je vous laisse relever le défi !

9 septembre 2011 / sebmayoux

Rendez-vous en terre Géorgienne pour parler Rugby….

Bon, cela va faire plusieurs semaines que rien ne se passe. Le « soufflet diplomatique » des relations Russo-ossètes semble être retombé. Cependant, on ne nous donne pas pour autant un ordre de fin de mission. On nous a néanmoins offert quelques jours de temps libre. On en profite…

Hier soir, on est sortis, avec les gars de toute l’équipe, dans le centre-ville de la capitale Ossète. C’est autour d’une « petite mousse », qu’on s’est mis à parler de tout et de rien, de notre vie d’avant, etc.. Bien sûr, j’en suis venu à raconter mon passé de sportif professionnel. Dans le groupe, un canadien me dit que s’il y a bien un sport qu’il ne comprendra jamais, c’est bien le rugby. Trop différend du football américain qu’ils ont l’habitude de jouer là-bas. Après tout, l’Amérique du Nord n’a jamais été une terre de rugby.

Je prend alors le temps de lui expliquer les rudiments : les essais, la ligne d’en avant, les touches, etc…. Mais je sens rapidement, que je suis en train de le perdre. Visiblement, ce n’est pas ce soir qu’il comprendra ce qu’est le rugby.

Rapidement, des européens de l’est (comme on les appelait), entendait qu’on parlait « rugby », viennent s’immiscer dans la conversation pour lancer le sujet sur la Coupe du Monde qui se tient en Nouvelle-Zelande.

Un russe vient me dire se fierté que son pays se soit qualifié pour la première fois pour la Coupe du Monde.

-« En plus, notre poule est peut-être la plus facile, en dehors de l’Australie et de l’Irlande ».

Ouais enfin, je vois mal la Russie se qualifier dans un groupe qui compte également les Etats-Unis (tiens donc!) et l’Italie (qui a battu la France il y a quelques mois).

Il me vante les qualités d’Andrei Ostreikov, deuxième ligne jouant en Angleterre, chez les Sale Sharks. « L’homme à suivre » selon lui.

Et puis un autre, s’étonne : « La Russie, terre de rugby ? Je suis pas convaincu… »

« -Ouais en Europe, en dehors des VI Nations (équipes participantes à ce tournoi) et de la Roumanie et de la Géorgie, difficile de se faire une place… On revoit plus l’Espagne et le Portugal par exemple »

Pas faux, c’est vrai que dans ces pays, le rugby a eu parfois des sursauts, en arrivant à se qualifier pour une Coupe du Monde, mais sans confirmer pas la suite. On verra ce que cela donne pour la Russie.

Le deuxième ligne Russe, Andrei Ostreikov, contre la Roumanie en 2009

Andrei Ostreikov (deuxième ligne de léquipe de rugby de Russie) contre la Roumanie

Un interprète géorgien qui nous accompagnait ce soir là (au cas où), nous propose alors:

« -On devrait profiter de ces quelques jours de repos pour passer en Géorgie. A Tblissi, l’ambiance va être bonne pour la Coupe du Monde, surtout que nous sommes tombés dans un groupe très relevé (NDLR: avec l’Angleterre, l’Argentine, l’Ecosse, et la Roumanie) ».

Il ne fallut pas longtemps pour que nous adoptions tous l’idée. La Géorgie démarre la compétition la semaine prochaine, le 14 septembre, contre l’Ecosse. On y sera !.. Enfin, on sera en Géorgie devant une télé…

22 août 2011 / sebmayoux

Vers une alliance Russie-Belarus-Ossétie du Sud ?

Il y a des moments de notre vie comme ca, ou tout ce que vous vouliez éviter arrive…

Cela va faire un petit mois que l’on est détaché en Ossétie du Sud. Notre mission de reconnaissance et de sécurisation de la frontière touche à sa fin. On vient d’enterrer l’un des notres, et on se prépare à rentrer chez nous.

Enfin c’est qu’on aurait aimé !

Tout à l’heure, vers 17 heures, le « chef » nous convoque : « réunion de crise », apparemment….

A peine étions nous installés dans la tente du « chef » que deux gars en costards-cravates débarquent. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ne passent pas inapercus. Qui viendrait en costume dans un camp de « mercenaires » ?

J’ai très vite compris qu’ils étaient là pour jouer les « intellectuels ».

Le chef prend la parole et nous explique que notre mission est prolongée.

Des tensions diplomatiques entre la Russie et l’Ossétie pourraient pousser la Géorgie à pénétrer sur le territoire Ossète pour récupérer ce qu’ils ne considèrent pas comme un Etat indépendant, mais comme des « territoires occupés ».

Et c’est là que les deux « costumés » interviennent. Ils nous résument les faits de ces derniers jours, à l’origine de la prolongation de notre mission.

Tout a commencé le 02 Aout, Vladimir Poutine, Premier Ministre Russe, se prononce alors en faveur du rattachement de l’Ossétie du Sud à la Fédération de Russie. (Vous ne le savez sans doute pas mais la Russie est une Fédération de petits Etats et Républiques. Par exemple, ces derniers jours, on a souvent parlé de l’un d’eux: le Daguestan, dont le club de football veut enrôler Samuel Etoo).

Vladimir Poutine en conférence de presse

Vladimir Poutine se prononce pour le rattachement de l'Ossétie du Sud à la Russie

Les réactions ne se font pas attendre. Le jour même, Dmitri Medoiev, l’ambassadeur sud-ossète à Moscou, refuse toute perte de souveraineté nationale de sa jeune République : « Notre peuple a fait son choix pour l’indépendance lors d’un référendum en 2006, et nous n’avons aucun projet de devenir sujet de la Fédération de Russie ». Le diplomate ossète se dit cependant prêt à intégrer une union Russie-Belarus, aux contours mal définies.

Le 04 Aout, le président Russe, Dmitri Medvedev, est contraint de se désolidariser de son Premier Ministre en précisant qu’il n’y avait « aucune raison d’adhésion de l’Ossétie du Sud pour le moment ».

Bref, l’axe de solidarité entre la Russie et l’Ossétie du Sud s’est fragilisé.

Cela n’a pas échappé aux opportunistes géorgiens, qui laissaient entendre qu’ils considéraient toujours l’Ossétie du Sud comme des « territoires occupés » par les Russes, menacant l’intégrité territoriale Géorgienne.

Comme pour attiser un peu plus encore le « feu », l’ex Premier Ministre Géorgien, Tenguiz Sigoua a déclaré le 11 Aout : « C’est nous qui avons commencé la guerre de 2008. Nous avons tiré sur des Tskhinvali et ceci a permis aux troupes russes d’intervenir massivement, parce que des casques bleus russes avaient été tués ».

Un tel aveu de culpabilité de la part de l’un des belligérants d’une guerre peut entraîner des expéditions punitives des autres parties prenantes de ce conflit armé. Surtout dans une région aussi instable que le Caucase….

Portrait de Tenguiz Sigoua, ex-Premier Ministre Géorgien

Tenguiz Sigoua, ex-Premier Ministre Géorgien

C’est donc pour contrecarrer une éventuelle reprise des conflits ou une escalade de la violence que notre mission a été prolongée.

Surtout, que Loukachenko, le président Biélorusse (qui est, en passant, considéré comme le dernier dictateur d’Europe), s’est prononcé lui aussi contre une fusion avec la Russie sur le modèle de l’ex URSS. La Russie, jusque-là principal soutien de l’Ossétie du Sud, est isolé diplomatiquement, même envers ses alliés « historiques ».

Les deux intervenants en costumes on fini de nous exposer la situation. On sait maintenant pourquoi on restera là encore quelques temps.

Je regarde mes collègues et, dans le regard de mon voisin de droite, j’ai l’impression qu’il me dit « Quel merdier ! On est pas encore rentré chez nous ! » Il n’a pas tord….

18 août 2011 / sebmayoux

Dernier hommage à Mirzaev l’Ouzbek

En ce jour pluvieux de l’été 2011, tout le monde se prépare pour la cérémonie funéraire de Mirzaev, tombé au combat, tué par une mine.

En temps qu’Ouzbek, il était musulman sunnite. La tradition musulmane impose de bénir et d’enterrer le corps dans les plus brefs délais après la mort. C’est pourquoi le responsable de notre « bivouac » a fait venir un imam et organisé cette cérémonie. Mirzaev recevra un hommage funèbre ici, avant que sa dépouille soit transportée par avion jusqu’en Ouzbekistan où il sera inhumé dans le caveau familial, dans la province de Karchi au sud du pays.

En temps que mercenaire, il est mort avec un statut de civil. Il ne recevra donc pas d « hommage national » qu’il aurait eu en étant militaire. Et croyez-moi, c’est bien dommage ! Il l’aurait bien mérité !

Ici, sur notre camp, Mirzaev va recevoir des funérailles musulmanes traditionnelles. Je ne suis pas sûr que cette tradition purement religieuse soit celle en vigueur lors des enterrements en Ouzbekistan, mais bon, qui connait le rituel funéraire Ouzbek? Qui sait comment sont enterrés les morts dans ce pays qui a tout juste 20 ans d’existence?

Selon la tradition, la dépouille de Mirzaev est disposé en long, sur le dos, sur une civière, la tête en direction de La Mecque.

Moi-même musulman, j’ai été invité par l’Imam a prendre part à la toilette rituelle, ainsi que 2 autres collègues (traditionnellement, la toilette est faite par 4 personnes). On a donc lavé le cadavre 3 fois, nous l’avons essuyé puis enveloppé dans 3 pièces d’étoffes vierges (non cousues), la paume des mains tournée vers le ciel.

Ensuite, l’Imam a prononcé la « prière des morts ». Cette prière est différente des autres: elle est brève mais surtout se récite debout, sans géniflexion ou prosternation de la part du religieux et de l’assistance.

Puis, le cors est transporté sur sa civière dans un avion spécialement affrêté: dans quelques heures, Mirzaev sera dans une tombe, aux côtés de ses parents et de ses proches.

En temps que musulman de France, je fus étonné de voir que la dépouille ne fut pas placée dans un cercueil. Je suis donc allé demander plus d’informations à l’Imam, qui m’explique qu’il a déjà entendu parlé de ces coutumes (de placer le corps du défunt dans un cercueil avant de le mettre en terre). Il me dit que ce genre de traditions n’a lieu que dans les pays non-musulmans. En effet, la tradition musulmane originelle prévoit que le corps soit inhumé « à même » la terre, seulement placé sur une civière, la tête vers la Mecque et les paumes des mains vers le Ciel.

Pas de cercueil donc. Je comprends mieux.

Intérieurement, je me demande combien de musulmans de France savent cela… Pas sûr d’en trouver beaucoup chez les « jeunes générations »…

Comme un symbole, dès la fin de la cérémonie, la pluie fine qui est tombée toute la journée s’arrête. Le soleil semble vouloir percer les épais nuages, comme pour dire, lui-aussi, à Mirzaev « bon voyage vers l’au-delà ».

Dans ce genre de situation, on est capable de s’émouvoir d’un rien, de trouver du romantisme et de la poésie n’importe ou…

Adieu Mirzaev !

Malheureusement, on pas eu le temps de trop se connaitre… J’ai appris ton prénom le jour de ta mort…

 

 

 

 

 

30 juillet 2011 / sebmayoux

Tskhinvali, entre Géorgie et Ossétie du Sud

24 heures, c’est le temps depuis lequel je suis parti de France.

Un vol vers la Russie, puis une traversée interminable des territoires russe et ossète en 4×4 ont eu raison de ma nuit. Je n’ai pas dormi.

Je ne peux m’empêcher de penser ce que je laisse derrière moi. Alors ca y’est, j’ai changé de vie. Finies les soirées entre potes, finis les dîners en famille, finis les matchs de rugby… Je ne suis plus vraiment la personne que ma mère a mis au monde. J’ai trop changé. Est-ce qu’elle me reconnait ? Est-ce qu’elle sera fière de moi un jour? Pas sûr. La dernière photo de moi qu’elle a vu, c’était une couverture d’un magazine people qui titrait « Dépendant sexuel, l’ancien  rugbyman est accusé de viol sur mineur ». Pas facile à assumer lorsque c’est votre fils dont on parle.

Un peu ému par ces pensées, je sors mon Coran et je prie. Cela empêche mes larmes de monter encore plus. Cela me rappelle aussi que je me suis engagé sur le chemin de la rédemption. Une rédemption qui m’a vu me convertir à l’islam.

Arrivé à Tskhinvali, on m’en dit plus sur ma mission. Depuis le conflit armé de 2008, entre l’Ossétie et la Géorgie, la frontière n’a jamais vraiment été désarmée. C’est une véritable poudrière. Et a en croire mon instructeur je suis justement là pour éloigner les allumettes le plus possible de cette poudrière.

Pendant la guerre, l’armée géorgienne a fait appel a des mercenaires ukrainiens. Très bien entraînés, ils n’ont cependant pas réussi à enrayer l’indépendance de la province séparatiste d’Ossétie du Sud. Ces mercenaires avaient établis leurs camps en territoire aujourd’hui ossète, non loin de la capitale Tskhinvali. Cette zone est aujourd’hui inexploitée. L’armée de la nouvelle Rébulique d’Ossétie du Sud est tout récente. Et dans une armée composée de 2 500 homes seulement, il est difficile d’exposer des hommes à des risques inutiles.

L’Ossétie du Sud est convaincue que, comme les anciennes républiques socialistes ont récupérées les armes de l’Armée Rouge à la dislocation de l’URSS, ces mercenaires, et l’armée Géorgienne, ont positionné des armes, des munitions et des infrastructures militaires sur les teritoires Ossètes longeant la frontière.

La Géorgie elle n’a jamais démenti. Elle n’a jamais confirmé non plus.

C’est pourquoi je suis là. Tout ce qui est en territoire Ossète appartient, selon le droit international, à l’Ossétie du Sud. Ma mission est donc de partir sonder ces « zones démilitarisées » pour poser le pavillon Ossète sur tout ce qui s’y trouve. Bien sûr, par tout ce qui s’y trouve, j’entends tout ce qui a de la valeur pour le nouveau gouvernement, c’est-à-dire du matériel militaire. Bien sûr aussi, la Géorgie, ne reconnaisant pas l’Ossétie du Sud, ne vas sûrement pas offrir un tel butin sans le défendre.

C’est d’aileurs pour cette raison que l’Ossétie a choisi de faire appel à la sécurité privée, plutôt que d’envoyer sa propre armée. Si un échange de tirs (voire plus) a lieu entre l’armée ossète et l’armée gérogienne pour défendre un stock de munitions, cela peut déclencher un incident diplomatique, et déclencher la « Troisième Guerre d’Ossétie ». Or, ce pays, nouvellement indépendant, n’a pas les finances et les moyens militaires de s’embarquer dans un nouveau conflit armé. Surtout que cette fois, il n’est pas sûr que le « grand frère » Russe viendra à la rescousse. Et rappelons que sans l’appui militaire de la Russie, il n’y aurait pas d’Ossétie du Sud indépendante.

En envoyant des mercenaires, cela permet de ne pas « déraper » en incident diplomatique, quelque soit l’épilogue. Si nous essuyons des tirs ou des bombardements de l’armée Géorgienne, nous ne sommes que des civils employés par une société de sécurité privée française pour une mission à l’étranger. La Géorgie et l’Ossétie du Sud ne viole donc officiellement auncune règle ou loi internationale.

Maintenant que je sais pourquoi je suis là, il va falloir y aller. Un sac sur le dos et un Famas en bandoulière (et oui on s’équipe Français), on quitte Tskhinvali pour la frontière, environ une trentaine de kilomètres au sud.

Pendant le trajet, je me dis quand même que si on pouvait ne pas tomber sur les géorgiens se seraient mieux. Ou alors des gérogiens sympathiques et non-armés. Parce ce que je suis peut-être mercenaire, mais je n’ai encore jamais tué.

Carte de la frontière entre la Géorgie et l'Ossétie du Sud

Carte de la frontière entre la Géorgie et l'Ossétie du Sud

Accompagné de 3 autres gars, que je n’avais jamais vu, on a quadrillé toute la zone frontalière, environ 200 kms je dirais. Cela nous a pris 3 jours. On était à pieds, avec seulement un sac à dos, une tente, une arme et de la nourriture immangeable.

Le dernier jour, un des membres du groupe, un ouzbek, a sauté sur une mine.

Putain de mine! Le dernier jour ! Cétait presque la mission parfaite.

On aurait pu l’entendre hurler depuis Moscou. Lorsque que je suis arrivé à sa hauteur, je l’ai vu étendu, se tordant de douleur, les 2 jambes arrachées. Le spectacle était assez effrayant. On s’est tous regardé. Qu’est ce que qu’on fait ? Soit on le ramène sur notre dos, soit on l’achève. Si on le ramène, il n’est pas certain qu’on le ramène en vie non plus. Perso, je ne sais pas faire un garrot. J’ai jamais suivi des cours de médecine, mais je sais qu’il perdrait trop de sang pour vivre longtemps en l’état actuel.

On était tous autour à se regarder. On parlait pas la même langue mais peu importe. Les regards suffisaient.

Finalement, on a pu le ramener en vie jusqu’au « checkpoint » ossète, ou nous attendait l’instructeur. Mais Mirzaev, c’est son nom, est mort dans l’hélicoptère qui le transportait à Tskhinvali, la capitale. En l’apprenant, je n’ai pu m’empecher de penser que je l’avais porter pendant 30 kms sur mon dos pour rien…. On aurait peut-être dû le laisser, vu le résultat !

En parlant de résultat, ma première mission fut un semi-échec. A part des chars et des bunkers à moitié détruits par les bombardements lors de la guerre, rien à signaler. Aucune armes ou munitions n’était présents le long de la frontière… A part cette mine qui a coûté la vie à l’un d’entre nous….

23 juillet 2011 / sebmayoux

Là ou tout commence…

22 Juillet 2011:

Ca y’est c’est officiel, je suis ce que vous appelez « mercenaire ». Je viens d’en recevoir la confirmation écrite de Gallice, une des sociétés militaires privées francaises.

J’ai réussi les tests physiques et psychologiques. Moi qui est dû mettre un terme à ma carrière parce que j’avais échoué sur le divan du spy. Apparemment, je ne suis pas assez « stable » pour faire ce que je fais depuis tout petit, jouer au rugby, mais pour partir tuer, je le suis. Allez comprendre….

Maintenant, il reste un autre problème, je dois choisir ou partir. La Gallice est présente un peu partout et, ayant été recu avec réussite, ils me laissent choisir. Je ne sais pas…

« -Vous parlez arabe?

– Non

-Ah, ben… oubliez le Proche Orient: Syrie, Liban et Palestine »

Ok, au moins je suis fixé.

Je me replonge dans la liste des missions ou l’on a besoin de détachés:

« Ossétie du Nord, Frontière Géorigenne : zone instable à sécuriser avant établissement des Casques Bleus.

Durée du détachement: 5 semaines »

Mmhhh. Ca me parait pas mal ca. 5 semaines c’est court. Et puis une mission mandatée par l’ONU, ca me garantit de n’avoir à tuer personne… Enfin, j’espère. Ce n’est que ma première mission…

Bon, je suis décidé ce sera ca. J’écrase ma clope et je rentre.

« Je veux la Géorgie ! », dis-je à l’instructeur.

« Ok, signe la… Tu a un avion demain à 5h à Charles de Gaulle. Tu atterirera à Moscou, le responsable local de notre agence te réceptionnera la-bas. »

Voila, c’est fait. Il y a encore 2 ans je jouais une demi-finale de Top 14. Aujourd’hui je suis mercenaire.